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vendredi 24 juin 2016

Nous les menteurs, Emily Lockhart

Nous les menteurs,
                                          Emily Lockhart

 Gallimard Jeunesse
 288 Pages


    «  Une famille belle et distinguée.
L’été. Une île privée.
Le grand amour. Une ado brisée.
Quatre adolescents à l’amitié indéfectible,
Les Menteurs.

Un accident. Un secret. La vérité. »


            


         Comment lire un livre après tout le monde, épisode 2 ! Ne vous en faites pas, il y en a d’autres à venir ! Je peux vous apprendre comment faire pour lire ces bouquins qui ont enflammé la blogosphère, il y a de cela…un an… Bon allez, trêve d’ironie, je suppose que vous avez (tous ?) reconnu ce livre à la couverture sublime, qui n’avait récolté que des avis positifs à l’époque (si je me souviens bien). D’ailleurs, je l’ai acheté l’année dernière, mais il m’aura fallu attendre 12 mois pour le sortir pour de bon de ma PAL… Je me serais giflée !

    J’ai donc entamé cette lecture alors que les beaux jours pointaient le bout de leur nez (comprendre le soleil et les vacances), ce qui est totalement en accord avec la période durant laquelle se déroule l’histoire.
      En effet, l’intrigue prend place sur une île privée, pendant l’été. La famille Sinclair a pour habitude de se réunir en famille chaque année sur cette luxueuse île pour profiter des vacances. Les Sinclair sont beaux, blonds, sveltes, sportifs, riches et distingués. Le luxe, les belles villas au bord de la mer font partie intégrante de leur quotidien. Les petits enfants sont à l’image de leurs parents et grands-parents : intelligents et parfaits. Parmi eux se trouve Cadence, dont nous allons suivre l’histoire. Suite à un accident dont elle peine à se rappeler les circonstances, sa vie est devenue triste, terne et morose. Elle n’a plus revu l’île et ses cousins depuis deux ans. Jusqu’au jour où elle y remet les pieds…

    J’avais vraiment hâte de découvrir ce livre, dont je n’avais entendu que du bien. Surtout que je trouve la couverture magnifique ! Et le pitch avait l’air intéressant. Je dois avouer qu’au début j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Le style d’écriture est assez particulier, non pas qu’il me déplaise, mais il y avait un côté froid et détaché, qui me mettait assez mal à l’aise. Mais une fois que je m’y suis fait, je m’y suis attachée.
     L’écriture représente assez le personnage principal, c’est-à-dire Cadence. Elle a un côté un peu dépressif et morose à cause des séquelles de son accident. Je ne sais pas trop quoi penser d’elle, elle m’a paru fragile et forte à la fois, brûlée par un amour immense et incommensurable. J’ai aimé sa façon d’évoluer au fur et à mesure de son séjour sur l’île, son nouveau regard sur sa famille et les choses qu’elle découvre. Car c’est avant tout une histoire familiale : « un drame familial » est-il écrit sur la quatrième de couverture.
    En effet, la famille Sinclair joue un grand rôle dans cette histoire. Cette famille si distinguée et si parfaite qu’on se demande si c’est possible. Et effectivement, on découvre les dessous de ce tableau rutilant, doré et brillant. Quand les masques tombent, que les sourires se fendillent et que le vernis se craquèle, ce qu’il y a derrière n’est pas beau à voir. On découvre les rouages de cette machine parfaite, qui se grippent et se coincent, la belle image qui vole en éclats, les enjeux de pouvoir et la jalousie, les mensonges et les non-dits. La famille Sinclair a son lot de secrets et de tourments, qu’elle cache si bien.

      Le groupe des Menteurs est assez atypique. Il y a des fois où je me demandais où était cette « amitié indéfectible ». Les membres qui le composent sont authentiques et uniques. J’ai aimé la façon qu’a Cadence de les caractériser. Ce qui est sûr, c’est qu’ils sont liés par un lien solide.
       Un des points forts de ce roman est la relation entre les personnages et les personnages eux-mêmes. L’auteure a creusé leur psychologie, la complexité de chacun et son rapport avec les autres. Les liens qui se tissent, ceux qui se brisent. A travers Cadence, on découvre les (nombreux) membres qui composent la famille, les ambitions de chacun, les sentiments, la souffrance, la rancœur et la rancune, la colère et la joie. Chacun a l’air réel, dans toute sa complexité. Cependant je ne m’y suis pas trop attachée, ils m’ont semblé impossibles à saisir, et c’est bien dommage.

       Ensuite évidemment, il y a le déroulement de l’histoire. Nous découvrons petit à petit ce qui s’est réellement passé le jour de son accident, au gré de ses investigations, ses questions et les indices distillés dans les pages. Le mot « époustouflant » n’est pas utilisé pour rien. L’histoire démarre doucement, avant de s’emballer brusquement, nous menant dans un ballet frénétique qui va crescendo. C’est intense, il y a du suspense et c’est haletant que l’on suit la danse (quelle rime mes amis, quelle rime !). Nous allons de révélation en révélation, qui s’enchaînent lentement, puis rapidement, nous menant inexorablement vers la fin.
   Et quelle fin ! C’est une fin incroyable, complètement inattendue, renversante, bouleversante à en couper le souffle. Je suis restée comme deux ronds de flan, les bras ballants. Je crois bien que j’ai dû lire deux fois la page pour bien comprendre ce que je venais de comprendre. C’est une chute aiguisée comme un couperet, qui tombe avec un bruit sourd sur nos têtes. Je ne m’y attendais vraiment pas, j’ai pourtant émis plusieurs hypothèses, mais pas une fois je m’étais approchée de la vérité. Bref, sur le coup j’étais complètement sur le c*l.

      Bizarrement, alors que j’avais du mal au début, ce que j’ai le plus apprécié est la façon dont est écrit le récit. Les mots, les phrases hachées, le style, les tournures de phrase. Il y a quelque chose de poétique et de dramatique dans chaque alignement de lettres.

       Nous les menteurs a été une belle découverte, malgré un début un peu long. Je pense que c’est un livre à relire plusieurs fois, pour la beauté des mots, pour saisir l’intensité du récit et la profondeur des réflexions. Je l’apprécie mieux et plus avec le recul.

Nous les menteurs, c’est une histoire intense, poignante,
Au souffle puissant, vibrante d’émotion et de vérité. 

dimanche 29 mai 2016

La fille de papier, Guillaume Musso

La fille de papier,
                                            Guillaume Musso


  XO Edition
  608 pages


  « Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d’inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans. Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire. Impossible ? Et pourtant !
     Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel. »

            



      ○ Et un nouveau Musso, un ! Si je ne me trompe pas, c’est le cinquième. J’aime beaucoup cet auteur pour les récits addictifs qu’il nous sert, mais cette fois-ci, je dois avouer que mon amour pour lui s’est un peu essoufflé… Et quel dommage, car j’ai vraiment adoré ses livres que j’ai pu lire, mais je ressors de cette lecture avec un avis assez mitigé.

      Commençons par le début. Tom Boyd est un écrivain à succès qui est en dépression depuis que son âme sœur lui a brisé le cœur en le quittant. Il n’écrit plus,  s’assomme à coups de médicaments et ne voit plus personne. Or un beau soir d’orage apparaît dans sa vie Billie… qui n’est autre qu’un des personnages de son roman ! Tour à tour médusé, méfiant puis sceptique, Tom va de voir se rendre à l’évidence : Billie provient bel et bien du monde qu’il a créé, et il faut trouver un moyen pour qu’elle y retourne !
         S’il y a bien quelque chose que l’on ne peut pas reprocher à ce livre, c’est l’originalité. Enfin, de l’idée de départ. Car si le scénario était intéressant, je commence à me rendre compte que les histoires de Musso ont toutes la même trame : un homme, une femme, une aventure, une histoire d’amour dramatique et des personnages torturés au possible. Bon. En soi, ce n’est pas ce qui m’a le plus dérangée, mais je pense que, au bout d’un certain nombre de livres, on s’en lasse un peu.
        Toutefois, l’action est toujours au rendez-vous. La fille de papier, est un roman addictif, j’ai tourné les pages sans m’en rendre compte avalant chapitre sur chapitre avec avidité (même si ces derniers n’avaient pas trop de saveur). On a toujours envie de savoir la suite, et ça c’est un bon point ! L’auteur nous emmène sur un road trip haletant et nous fait voyager à travers le monde entier dans un rythme effréné.

     J’ai beaucoup aimé l’idée qu’il se fait d’un livre, ses réflexions sur la relation entre l’auteur et le lecteur…Guillaume  Musso nous offre ses pensées sur son rapport à l’écriture, il nous explique la magie des mots, le pouvoir d’un livre, on sent qu’il s’exprime par le biais de son personnage, auteur tout comme lui. Ses réflexions sont justes, belles et vraies, et j’adhère totalement à ses propos. J’ai aimé sa façon de nous dire que, oui, un livre vit, grâce à son auteur, mais aussi et surtout grâce à ses lecteurs. C’est une entité à part entière.
      Comme d’habitude, Musso sait nous surprendre, avec une fin aussi géniale qu’inattendue. Je ne sais pas où est-ce qu’il va chercher ses idées, mais en tout cas j’aimerais bien qu’il me donne sa recette, parce que ça envoie du tonnerre ! Je n’y avais pas pensé une seule seconde, et voilà qu’il nous envoie ça dans la figure. C’est épatant.

       Ceci étant, il y a quelque chose qui m’a gênée dans ma lecture. En fait, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Pour moi, l’auteur a trop joué la carte des personnages au passé sombre, qui ont tout vu, tout subi, bref, la fille/le gars torturé psychologiquement, avec ses secrets bien noirs, etc… Une fois ça va, deux fois ça passe, mais là… Stop ! Ça en devient redondant et pas du tout innovateur. J’ai l’impression de lire cinq fois la même histoire.
      Etant donné que ça m’a agacée, je pense que ça explique pourquoi je n’ai rien ressenti pendant ma lecture. J’ai trouvé la relation entre Tom et Billie superficielle et pas vraiment travaillée : un jour il la déteste, et paf ! D’un coup, il lui voue un culte, il ne peut pas vivre sans elle. Bref, ça allait trop vite, c’était trop brusque, et je n’ai pas compris le pourquoi du comment.
      Billie est attachante, fraîche et pétillante, bavarde et joyeuse, avec un fort caractère et des réparties cinglantes. Disons qu’elle a un peu sauvé le roman. Heureusement qu’elle était là pour prendre les choses en main, parce que Tom… J’avais carrément envie de le gifler, au début du roman ! Ou du moins, de le secouer et de lui crier de se bouger un peu. Il était mou, englué dans sa dépression et complètement amorphe à un point que c’en devenait agaçant. Bref, le duo principal ne m’a pas trop convaincue.
     J’ai presque davantage apprécié les personnages secondaires, qui méritaient d’être mis plus en avant. Milo et Carole étaient touchants, mais à nouveau on a droit à des personnages à l’enfance difficile, etc. En tout cas j’ai aimé leur dévouement et leur amitié envers Tom, qui ferait mieux de les remercier plutôt que de pleurer sur sa bien-aimée disparue et égoïste.

      Enfin, il y a autre chose qui m’a dérangée dans l’écriture de ce roman, c’est la grossièreté des personnages et le langage familier. A petites doses, va encore, mais là j’ai trouvé qu’il y avait trop de jurons. Bon, je vous vois venir, « oh là là, mais elle se plaint de tout et de rien cette fille », c’est vrai que ce n’est pas grand-chose, mais ça m’a vraiment dérangée. J’ai aussi trouvé certaines phrases maladroites. L’auteur utilisait des mots familiers avant de passer brusquement au langage soutenu. Je n’ai pas compris si c’était voulu ou non (j’espère que oui), mais en tout cas c’était bizarre.
      Il y a un dernier point qui m’a un peu agacée, mais je ne sais pas comment l’exprimer. Prenons un exemple. Là où un autre auteur aurait dit « il boit un café », Musso dit « il boit un macchiato ». Et ce plusieurs fois. Il utilise aussi des termes anglais, ou bien qui relèvent plutôt du langage parlé, des mots qui se veulent sophistiqués. C’est comme si le récit était trop ancré dans la réalité et qu’il ne laissait pas de place à l’imagination. Laissez-moi imaginer quel type de café il boit, bon sang !

      Pour conclure, La fille de papier est un bon livre, mais pas le Musso du siècle, et sûrement pas le livre du siècle. Je l’ai nettement moins apprécié par rapport aux autres que j’ai pu lire. Du coup, j’ai un peu peur du dernier Musso de ma PAL qui m’attend sagement…


La fille de Papier, c’est : de l’action, de l’addiction, une intrigue bien ficelée et une fin surprenante, mais des personnages un peu vus et revus et un petit manque d’émotions.

lundi 9 mai 2016

Avant toi, Jojo Moyes

Avant toi
                                    Jojo Moyes

    Editions Milady
  524 pages

   « Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis. »

      

     

     Je ne trouve pas les mots pour parler de cette histoire. Pas encore, car ça va venir : j’ai pleins de choses à dire sur cette pépite. Il faut dire que j’étais très sceptique au début. C’est ma meilleure amie qui m’a demandé de l’aider à trouver ce livre à Auchan et je n’en avais jamais entendu parler auparavant. Quand elle l’a acheté et que j’ai lu le résumé, je me suis dit que ça allait encore être une histoire clichée comme on en voit beaucoup en ce moment depuis le phénomène « Nos étoiles contraires » (livre que j’ai adoré, soit dit en passant). Et en plus le titre me rappelait la chanson de Calogero du même nom – et d’ailleurs en ce moment même je l’entends hurler dans mes oreilles « avant toi c’était quoiiiii, sinon un préambuuule, un long chemin de croaaaa ». Bref, j’étais carrément réticente, je ne voulais pas le lire du tout ! Je pensais que ce n’était pas un livre « fait pour moi » (idée stupide, je l’admets), et pourtant je l’ai quand même embarqué de force à mon amie parce que… Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, non ? Et je la remercie de m’avoir laissé faire, parce que je m’étais trompée sur toute la ligne. Littéralement. Je suis tellement contente d’avoir laissé sa chance à ce livre : j’ai découvert une histoire incroyable, un souffle puissant d’émotion qui a laissé mon cerveau sens dessus dessous.
           
    Louisa Clark est une jeune femme plus que normale : sa vie est rangée, ordonnée, tranquille et sans surprise. Jusqu’au jour où elle se trouve sans emploi et se voit contrainte de s’occuper de Will. Ce dernier, victime d’un accident de la route, est cloué dans un fauteuil roulant pour le restant de ses jours, privé de mobilité et nécessitant de soins particuliers par son infirmier. Lou essaie de nouer une relation amicale avec son employeur, mais il se montre absolument détestable et froid. Lou va alors découvrir la terrible raison pour laquelle elle a été engagée auprès de Will…
     Je n’attendais pas grand-chose de l’histoire, étant donné que je pensais que ce serait quelque chose d’assez classique. Que nenni ! Nous n’avons pas là une romance guillerette entre adolescents pré pubères, mais quelque chose de beaucoup plus posé, et plus fort, aussi. Eh oui, car Lou et Will n’ont plus 15 ans, ils ont la trentaine, ce qui change pas mal de choses. C’est loin des passions déchaînées, les histoires d’amour tout feu tout flammes des ados en chaleur, mais c’est beaucoup plus posé, calme et doux. Et c’est ce qui rend le tout beaucoup plus puissant.
    L’histoire de Lou et Will, leur histoire personnelle et l’histoire commune qu’ils se construisent petit à petit, m’a bouleversée. Elle prend son temps, et les liens se tissent lentement mais sûrement (même si quelques fois j’ai trouvé que ça allait un peu vite et brusquement). Jojo Moyes n’a pas simplement créé des personnages en papier, elle leur a insufflé la vie, et ils sont apparus en chair et en os devant moi, pour m’entraîner dans leur sillage. J’ai adoré vivre à leurs côtés et ça m’a déchirée de devoir me séparer d’eux. La magie des mots mes amis, la magie des mots !

     J’ai adoré Louisa, ses répliques cinglantes, son humour, sa fraîcheur, son incapacité à se taire et son sens de la répartie. C’est une forte tête, elle amène de la lumière partout où elle va, mais elle reste si fragile à l’intérieur que c’est comme si les morceaux qui la constituaient étaient collés de façon si chaotique qu’elle risquait de se briser à chaque instant. J’ai aimé suivre ses pensées, ses peurs, ses joies, ses colères. C’est une fille pleine de vie qui va se construire et s’épanouir petit à petit auprès de Will, se forger une identité, acquérir de l’assurance et ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure pour le (re)découvrir.
     J’ai adoré Will, son sarcasme, son ironie et son cynisme, la détresse et le désespoir qui émanent de lui, la douleur qui l’étouffe alors que c’était un jeune homme ambitieux et plein de vie. Et c’est Louisa qui va allumer la lumière dans l’obscurité où il vit, lui permettre de sortir de sa carapace de souffrance, l’extirper de sa déprime et de ses idées morbides.
    Lou et Will se complètent. Chacun apprend à se réapproprier sa vie, ils s’ouvrent au contact de l’autre, et leur existence en est chamboulée. Leur monde s’élargit, non pas sans difficulté. Chacun rend l’autre meilleur, et on les voit évoluer au fil de ces 500 pages qui défilent sans que l’on s’en rende compte. Un duo brillant.

       Jojo Moyes aborde des thèmes que je n’avais jamais lus jusqu’ici. Le handicap, la mort assistée, le chômage… Autant de sujets sérieux et complexes qui sont traités avec brio. J’ai beaucoup appris sur la tétraplégie, les soins que cela nécessitait, la vulnérabilité face aux maladies, le traitement et les nombreux médicaments, l’adaptation à un nouveau mode de vie. Et surtout, la douleur physique et psychique en permanence, le choc de ne plus pouvoir vivre comme avant, toutes ces choses simples qu’il est désormais impossible d’effectuer, les choix que l’on ne peut plus faire soi-même, le fait d’être entièrement dépendant de quelqu’un d’autre, mais aussi le regard des autres. La frustration, la colère, la douleur, la tristesse et le désespoir immense, je n’aurais jamais imaginé la plus infime partie de la vie que mènent ces invalides. Jojo Moyes m’a ouvert les yeux sur une partie de notre société que l’on s’efforce de ne pas voir, ou d’ignorer.

       Même si l’histoire aborde un schéma assez classique malgré tout, j’ai dévoré le livre. Et plus j’avançais et plus je redoutais la fin, j’avais une folle envie de tourner les pages en arrière pour ne jamais connaître l’issue de l’histoire. Je me demandais si Lou allait réussir à faire changer Will d’avis. C’était en même temps un bonheur et un supplice de tourner les pages de ce livre.
      J’en suis ressortie chamboulée. J’ai beaucoup pleuré pendant ma lecture, comme je ne l’avais plus fait depuis Nos étoiles contraires (encore ce livre ! on croirait que c’est ma référence). Des litres d’eau salée, les yeux qui piquent, la morve au nez et la gorge nouée. Chaque fois que je feuillette les pages au hasard je sens mes yeux s’embuer, c’est plus fort que moi. J’ai aimé Avant toi de tout mon cœur. C’a été une vague d’émotion qui a déferlé en moi, puissante et dévastatrice. Un coup au cœur. La naissance d’un véritable univers, qui explose et jaillit devant moi.

       Je suis passée par toutes les émotions possibles, du rire aux larmes, en passant par la compassion et la frustration. Je ne regrette pas d’avoir ouvert ce livre et de lui avoir laissé une chance, alors que je partais avec beaucoup d’a priori. C’était une lecture magnifique comme je n’en avais plus eue depuis longtemps.

Avant toi, c’est poignant, émouvant, brillant. Drôle, sublime et magique, une véritable découverte, une petite perle de fraîcheur, de douceur et de bonheur.


     Je sais qu’il va y avoir un film (évidemment) qui sort bientôt en salles, mais j’ai toujours un peu d’appréhension quant aux adaptations des livres. Et puis j’ai peur de trop pleurer pendant le film, donc je me tâte encore pour savoir si j’irai le voir dans une salle noire armée de mes kleenex ou dans ma chambre au chaud avec ma boîte de mouchoirs… Mais j’imagine que je ne serais pas la seule en train de renifler et « mais non je suis juste enrhumée » !

mardi 26 avril 2016

Parce que je t'aime, Guillaume Musso

Parce que je t'aime,
                                                                     Guillaume Musso

   ◎ XO Editions
 430 pages



 « Layla, une petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Brisés, ses parents finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, Layla est retrouvée à l'endroit exact où on avait perdu sa trace. Elle est vivante, mais reste plongée dans un étrange mutisme. A la joie des retrouvailles, succèdent les interrogations. Où était Layla pendant toutes ces années ? Avec qui ? Et surtout : pourquoi est-elle revenue ? »






  
    Aaah, ce livre me tentait depuis tellement longtemps ! La première chose qui m'a intriguée, c'est le résumé. Puis le titre, et la couverture. C'est le Musso qui m'a le plus tapé dans l'œil. Pour la petite histoire, je suis amoureuse de ses romans. J'en avais beaucoup entendu parler et puis, un jour, j'ai sauté le pas et ai acheté un de ses livres dont le résumé était mystérieux et alléchant (les maisons d'édition font vraiment de très bon résumés pour les Musso). Ensuite, ç'a été le grand wouaah. Enfin bref, c'est mon quatrième Musso et la flamme est toujours aussi bien entretenue. Enfin, l'histoire me plaît toujours, mais un peu moins que les autres. C'est assez différent de ce que j'ai lu de cet auteur jusqu'ici.

            Tout d'abord, je tiens à souligner que j'apprécie beaucoup la mise en page. Pas d'éléments inutiles, une présentation claire et des citations justes et touchantes qui ouvrent les chapitres (en plus, la couverture est belle et épurée).
            Parce que je t'aimec'est l'histoire de Mark, Evie et Alyson, tous trois ballotés par la vie qui les malmène. Ces trois rescapés de la vie vont voir leurs destins s'entremêler à bord d'un avion en direction de New York. Mais c'est aussi l'histoire de Connor, meilleur ami psychologue de Mark, et de Layla. Layla, la clé de tout. A bord de l'avion, les souvenirs, les récits et les confidences s'enchaînent, jusqu'au final, saisissant, étourdissant.

            Je disais plus haut que ce livre était radicalement différent des autres Musso lus jusqu'à présent. En effet, j'ai trouvé le récit plus complexe, plus profond et plus sombre, où il y est beaucoup question d'amour. Les personnages, quant à eux, sont bien plus torturés, déchirés au plus profond d'eux et tourmentés. Au début, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire (l'auteur ne m'a pas facilité la tâche avec ses fréquents retours en arrière ! –typiquement du Musso, ça–), mais ça s'est arrangé par la suite. Pour en revenir aux personnages, ils sont dépeints avec brio. Comme pour tous ses autres romans, l'auteur leur a donné unepersonnalité fouillée, des facettes multiples,  ce qui les rend très humains. Cependant il y a quelques moments où je me suis demandée si leur douleur, leur passé n'étaient pas un petit peu exagérés, c'était un peu "trop" (tous les problèmes du monde leur tombent dessus). Je regrette aussi d'avoir noté quelques ressemblances de caractère, d'action, avec d'autres de ses romans, ce qui donne un petit aspect répétitif au récit. 

            Je me suis beaucoup attachée aux personnages, en particulier Connor et Evie. Leurs histoires m'ont touchée et je ne sais combien de fois j'ai ressenti un pincement au cœur pour eux (mais c'est aussi le cas pour les autres personnages). Chacun est détruit de l'intérieur. Mark est brisé par la perte de sa fille, Alyson est prisonnière d'un rôle qu'elle ne désire pas... Tous les quatre sont fragiles, détruits par la vie, mais essaient malgré tout de s'accrocher. Ils semblent en équilibre sur le fil de leur existence, et à la moindre bourrasque, ils menacent de tomber.

Déchirés. Bouleversés. Terrifiés. Perdus. Fragiles. Désespérés.
La vie et ses aléas, la mort et ses conséquences.
Vivre. Mourir. Venger. Souffrir. Punir. Pardonner. Se repentir.

            Tout s'emmêle et se démêle dans un incroyable récit qui nous emmène explorer les tréfonds du cerveau humain.  C'estune histoire palpitante, incroyablement humaine qui se déroule durant ces quelques 400 pages. Jusqu'à la fin, on s'interroge, on souffre avec les personnages, on partage leur douleur et leur peine. Jusqu'au dénouement.
            Je dois avouer qu'une partie de moi reste sceptique face à cette fin, mais l'autre est fascinée devant l'ingéniosité. Cette fin m'a confirmé que c'était un Musso différent de ceux que j'avais lu auparavant. Cette histoire ressemble davantage à un récit purgatoire, un exutoire, une voie vers la guérison et l'espoir. Je crois que je suis chouïa déçue par le final –qui explique cependant quelques passages peu crédibles et peu habituels devant lesquels j'ai froncé les sourcils–. Certaines choses restent dans l'ombre et je crois que j'espérais une autre explication. Mais en fin de compte, elle me convient aussi !

            L'écriture de Musso est toujours fluide est agréable à lire, mais j'ai toutefois encore eu du mal avec certaines descriptions, du style « Il prit la rue truc et tourna à droite au boulevard machin-chose en direction de la façade Est de... » bref, je suis une quiche en orientation, donc tout ça, ça ne me parle pas beaucoup et j'ai eu un peu de mal à me repérer virtuellement...
            Somme toute, c'était une lecture très plaisante, mais pas très reposante. Les personnages sont si tourmentés ! C'est un excellent récit très bien mené, mais auquel j'ai moins accroché, peut-être parce que je ne suis pas encore assez « âgée » pour comprendre la portée des mots. Guillaume Musso m'a embarquée d'une main de maître dans un voyage sombre dont je suis ressortie bouleversée, chamboulée, mais aussi en ayant appris une grand leçon de vie.

           Pour terminer, j'aimerais vous dire qu'il y a des tas de raisons pour lire un Musso : les personnages, réalistes, réfléchis et fouillés ; l'histoire, bien construite et ficelée ; l'originalité du scénario (même si elle a parfois tendance à s'essouffler un peu) ; le suspens qui vous tient en haleine jusqu'à la fin ; l'action, omniprésente dans la plupart de ses histoires ; la cohérence ;l'ingéniosité ; les surprises ; les rebondissements ; la morale retenue ; et la magie des mots...

Parce que je t'aime, c'est un récit touchant, plein de justesse et aux accents tragiques, qui vous remplit d'émotions.
Parce que je t'aime, c'est bouleversant ; intense ; profondément humain.

Et vous ? L'avez-vous dans votre bibliothèque ? Avez-vous aimé ?

dimanche 24 avril 2016

Legend, Marie Lu

Legend,
                                      Marie Lu
 Castelmore
 288 pages

         « June est un prodige. À quinze ans, elle fait partie de l'élite de son pays. Brillante et patriote, son avenir est assuré dans les hauts rangs de l'armée. Day est le criminel le plus recherché du territoire. Né dans les taudis qui enserrent la ville, il sévit depuis des années sans que les autorités parviennent à l'arrêter.          Issus de deux mondes que tout oppose, ils n'ont aucune raison de se rencontrer... jusqu'au jour où le frère de June est assassiné. Persuadée que Day est responsable de ce crime, June se lance dans une traque sans merci... Mais est-elle prête à découvrir la vérité ? »



 La voici, la voilà, la première chronique qui inaugure le blog  !
   


      
     ○  Je dois avouer que je sors de cette lecture complètement soufflée par ce vent de dystopie et d'action. J'ai été littéralement captivée par l'histoire. Cette histoire, c'est celle de June, une « étudiante » brillante et à l'intelligence inégalable qui est formée dans la plus prestigieuse université du pays, et de Day, un « criminel » insaisissable par le gouvernement qui voue sa vie à sa famille. Lorsque le frère de June est vraisemblablement tué par Day, les deux univers, si différents, entrent en collision. Dans une République Américaine post-apocalyptique dirigée par un dictateur et menant une guerre incessante contre les Colonies, June traque Day jusqu'aux tréfonds de la ville, tandis qu'une mystérieuse épidémie sévit depuis des années...

         Bon, le scénario n'est sans doute pas le plus original de tout les temps, il y a en effet un air de déjà-vu tout au long de la lecture dont l'univers se rapproche un peu des autres célèbres dystopies, mais qu'importe ! J'en ai fait abstraction durant ces quelques centaines de pages qui m'ont tenue en haleine jusqu'au bout.  Ben oui, quoi, Marie Lu nous montre aisément qu'il n'y a pas forcément besoin de taper bien fort dans l'originalité pour offrir un scénario qui tient la route et qui ravit les âmes en quête de lecture !
         En effet, s'il y a bien quelques moments où j'ai froncé les sourcils en trouvant quelques ressemblances avec La Sélection ou Divergente (par exemple), j'ai passé un moment  extraordinaire.
         L'univers dans lequel  évoluent nos deux jeunes protagonistes - qui sont d'ailleurs peut-être un peu trop jeunes, ce qui met l'accent sur un petit manque de crédibilité côté âge- est dense, sombre, bien construit et développé. Les quelques zones d'ombre qui m'intriguent me poussent encore plus à lire le tome deux. Malgré les révélations faites au cours de l'histoire, j'ai toujours envie d'en savoir plus, ce qui est un très bon point pour un tome qui ouvre une trilogie !

         Côté personnages, nous avons aussi ce qu'il faut en matière de stéréotypes – mais puisque je vous dis que ça n'atténue pas l'intensité de l'histoire... !! –. D'un côté, l'héroïne intelligente, surdouée, belle, un peu hautaine et qui voue sa vie à la République. De l'autre, le héros mystérieux, fascinant, beau, courageux, qui est voué à sa famille et vole pour la bonne cause, etc. etc. Au contact de l'autre, chacun va apprendre à changer son regard sur le monde et à aller au-delà des apparences. Au fil des révélations qui chamboulent leur petit monde, toutes leurs certitudes s'écroulent. On les voit évoluer au fur et à mesure, tâtonner dans le noir pour trouver la lumière. J'avoue que si l'intelligence de June m'a impressionnée, j'ai une préférence pour Day, son passé, sa fragilité, son courage et son audace. C'est un personnage qui m'a beaucoup touchée. Par contre, niveau évolution de mentalité, June est bien mieux servie. On voit le regard qu'elle porte sur les populations pauvres changer peu à peu jusqu'à ce qu'elle fasse preuve d'une plus grande ouverture d'esprit.

         Au niveau des personnages secondaires, je suis agréablement surprise. La plume de l'auteure les rend attachants, parfois plus que les protagonistes. Ils ont beau n'être que secondaires, en un mot deux phrases, Marie Lu les place au même plan que les personnages principaux. A travers la vie vécue par ces derniers, leurs souvenirs, on se prend irrémédiablement d'affection pour Tess, John, Metias... C'est vraiment incroyable comme en quelques lignes, on parvient à les aimer ou à les détester subitement. L'auteure manie ses personnages à la perfection. Voilà des personnes hautes en couleurs, à la personnalité fouillée, réfléchie, détaillée et irrésistible ! Si je ne me suis pas levée discrètement la nuit pour poursuivre ma lecture, c'était bien parce que je voulais partager (ou plutôt, vivre) l'histoire le plus longtemps possible avec eux !
         L'histoire, justement, nous entraîne dans un monde futur, où action et rebondissements se côtoient jusqu'à nous rendre fous. Je n'ai pas à m'en plaindre, j'ai vraiment été comblée par le récit. Sur fond d'histoire d'amour, drame, aventure, mensonges et vérité viennent s'immiscer dans la vie des protagonistes. De quoi faire un cocktail explosif !

         Finalement, je ne suis pas DU TOUT déçue d'avoir ouvert ce livre. Je ne sais pas si c'est parce que ça faisait longtemps que je n'en avais pas lu un en toute tranquillité, mais en tout cas, je pensais jours et nuits à l'histoire. Il y a des fois, ça ne s'explique pas : on est pris par le récit, un point c'est tout. Même si le scénario n'était pas des plus originaux, même si June et Day sont un peu clichés, j'avais vraiment un petit pincement au cœur au moment de fermer ce tome. 
         La plume de l'auteure est fluide et simple à lire, ce qui nous ancre dans ce monde imaginaire et renforce cette attirance inexplicable que j'ai vis-à-vis du roman. Honnêtement, ce n'est pas loin du coup de cœur, et ç'a été un véritable régal, une excellente découverte, une explosion de bonheur dans ma tête. Pour conclure, Legend, c'est un livre incroyable qui vous plonge au cœur de l'aventure et vous rend accro. 

 Legend, c'est : un univers riche et palpitant. De l'action et du suspens à gogo. Un concentré de merveille.
Et bien plus...